Tout ce que vous devez savoir sur le Maroc et que vous ne trouverez que difficilement ailleurs.

 

Les guides :

 

Le vrai guide est suivi comme son ombre par son double inversé, par son reflet, son imitation : le faux guide. Comment reconnaître le vrai guide du faux guide ?

Le vrai guide se trouve principalement à la réception des hôtels les plus touristiques ou éventuellement à l'office de tourisme. Il est en général vêtu d'une djellaba blanche et muni d'une carte ou d'un badge arborant sa photo. Il vous proposera son assistance pour vous faire visiter la ville souvent d'un pas débonnaire, les mains dans le dos et vous commentera cette visite de façon plus ou moins érudite.

Fiez-vous à votre instinct, ouvrez vos yeux et vos oreilles, osez l'aventure, perdez-vous, retrouvez vous, entrez dans les boutiques, discutez les prix, partez, revenez. Laisser filer le temps, perdez du temps, adaptez votre rythme au rythme du pays.

Le faux guide lui est habillé comme vous et moi. C'est parfois un enfant, jamais une femme. Il se trouve surtout aux entrées de la médina, aux abords des monuments les plus importants, près des zones de parkings, sur les places ou les jardins publics. Il essaiera à toute force de vous persuader que vous ne pouvez pas visiter la ville sans lui, que vous allez irrémédiablement vous perdre dans les méandres des souks, que vous allez passer à côté des merveilles des mille et une nuits, qu'il vous mènera dans des boutiques mystérieuses connues de lui seul où depuis la nuit des temps des femmes berbères évidemment, filent de leurs doigts habiles des tapis merveilleux de laine et de soie. Où de farouches artisans forgent pour vous seul des poignards d'acier bleui, d'or et d'argent. Où les derniers touaregs viennent vous vendre pour une misère leurs bijoux ancestraux. Ne le croyez pas. Passez votre chemin. Le faux guide est presque toujours insistant, il vous faudra le décourager. Dites-lui que vous ne voulez pas de ses services, dites-lui que vous voulez visiter la ville seul, que vous savez où vous allez, que vous n'êtes pas intéressé par ses merveilles.

 

Les mosquées :

 

L’accès aux mosquées est interdit aux non musulmans au Maroc. Vous remarquerez donc au fronton de certains lieux de culte des panneaux " Interdit aux non musulmans ", parfois ce sont des quartiers entiers qui sont condamnés par une barrière de bois en travers de la rue comme à Moulay Idriss, ville sainte longtemps interdite aux occidentaux. Ne vous en offusquez pas et n'essayez pas à toute force de vous glisser dans ces édifices religieux ou d'en photographier l'intérieur depuis la rue. Si vous voulez connaître un aspect de l'architecture de ces constructions, visitez les medersas qui les jouxtent souvent dans les villes anciennes comme Fès ou Marrakech.

 

Le temps :

 

Le temps pour les Marocains a une autre réalité que pour nous occidentaux. Vous serez sûrement étonné les premières fois lorsque vous donnerez rendez-vous à un marocain ou que vous organiserez une activité avec des marocains. Mais je connais de jeunes instituteurs qui exercent dans un petit douar du Haut Atlas. Parfois lors de leur jour de repos, ils partent à pied à travers la montagne vers Tinerhir à 32 kilomètres pour voir la civilisation : des cafés, la télévision, l'électricité. Lorsque l'on est capable de faire plus de 60 kilomètres à pied pour se rendre en ville, il est vrai que notre échelle du temps réglée à la seconde n'a plus trop signification. Le temps au Maroc est souvent le temps de l'attente : on attend le bus, on attend que le taxi collectif soit plein, on attend le passage du camion.

Lâchez prise sur le temps et ne vous laissez pas tyranniser par votre montre. Sinon vous serez très malheureux.

 

L'aumône :

 

Partout au Maroc vous serez sollicités par des mendiants. Il faut savoir en effet qu'il n'existe pas de protection sociale pour des pans entiers de la population et que, souvent, ce moyen est le seul qui leur permette de subsister. En observant les Marocains eux-mêmes vous vous rendrez compte que toutes les couches de la société donnent à ceux qui font l'aumône. Ayez toujours quelques dirhams dans votre poche et vous aussi donnez à ceux qui vous le demandent. Bien sur vous ne pourrez pas donner à tout le monde mais essayer de donner aux plus nécessiteux : les infirmes, les vieillards, les femmes avec leur bébé. Pour ma part, j'évite presque toujours de donner de l'argent aux enfants. Si vous le faites vous serez immanquablement entouré d'un groupe compact dont vous aurez toutes les peines du monde à vous débarrasser. Et puis surtout c'est une attitude qui les pousse vers la mendicité, à considérer les voyageurs comme des pourvoyeurs et à vicier le mode de relation entre eux et vous. En revanche, je porte toujours sur moi un carnet ou nous pouvons échanger des dessins, nos noms ou des mots en français et en arabe. Cela vous demande d'apprendre la calligraphie arabe, mais c'est très utile pour nouer le contact et vous aurez souvent autour de vous un cercle amusé de curieux appréciant votre graphie malhabile et prêts à corriger gentiment vos erreurs.

 

Dans la maison :

 

Quand vous êtes invité dans une maison, on vous retiendra toujours pour boire un thé ou même pour un vrai repas. Le salon traditionnel marocain est une pièce rectangulaire beaucoup plus longue que profonde. La porte se trouve toujours dans l'un des grands côtés. Des banquettes sont alignées le long des murs, le sol est recouvert de tapis. Dans les maisons les moins luxueuses les banquettes sont remplacées par des tapis ou des nattes. Lorsqu'il y a un tapis au sol vous devez toujours vous déchausser et laisser vos chaussures à l'entrée de la pièce. Souvent, que vous  soyez assis par terre ou sur une banquette on vous proposera des coussins.

Vous ne pourrez jamais passer chez quelqu'un pour quelques minutes : vous devrez toujours vous asseoir, boire le thé, manger des friandises ou même un vrai repas et vous serez souvent invité à dormir : tout refuser serait extrêmement impoli. Pensez-y en organisant le planning de vos journées.

 

Le repas :

 

On s'installe en général assis par terre. On fait ensuite passer le nécessaire pour se laver les mains et la bouche avant le repas. La cuvette, la cruche d'eau chaude, le savon et la serviette circulent de mains en mains présentés par le fils ou la fille de la maison. Le repas traditionnel se prend avec la main pour seul ustensile dans le plat commun posée au centre de la table. Le tagine se déguste avec le pain trempé dans la sauce. Depuis quelques années, le couscous est servi avec une fourchette et une cuillère, même dans les familles.

Il m'est arrivé de devoir le manger avec mes doigts. Toute la technique consiste à faire des boules de semoule régulières en évitant de se brûler. Vous devez toujours utiliser la main droite pour manger même si vous êtes gaucher. Utiliser la main gauche, la main réservée à la toilette est considérée comme très mal poli et les nécessités de l'hygiène lorsque tout le monde se sert dans le même plat permettent d'en comprendre la raison.

En général les plats marocains sont à base de légumes et réalisés avec très peu de viande. Il serait très inconvenant que vous précipitiez dessus. D'autant qu'on vous la proposera immanquablement.

Souvent le maître ou la maîtresse de maison déposera devant vous les meilleurs morceaux en vous enjoignant de manger (koul en arabe, tisch en berbère). Vous n'aurez déjà plus faim que l'on vous encouragera encore à vous remplir le ventre et vous serez souvent obligé de vous exécuter jusqu'à ce que vous n'en puissiez vraiment plus.

Vous pouvez tout à fait déposer les reliefs directement sur la table qui est emportée à la cuisine dès la fin du repas. En cas de doute, observez vos hôtes et calquez votre attitude sur la leur.

 

La police :

 

La police est omniprésente et plus ou moins discrète. Assez discrète en ville et pas discrète du tout sur les grands axes de campagne ou la gendarmerie royale multiplie les barrages avec herses en travers de la route, 4x4 flambants neufs, armes en batterie. Avancez doucement jusqu'au barrage. En général après un coup œil nonchalant à la voiture le factionnaire vous indiquera de passer. Vous pouvez remercier d'un sourire ou d'un signe de la main.

Faites cependant attention aux limitations de vitesse dans les agglomérations car les gendarmes n'hésiteront pas à vous arrêter s'ils estiment à l'œil que vous avez dépassé la vitesse réglementaire. En général vous pouvez vous en tirer en discutant aimablement. On peut parfois joindre le geste à la parole, une cigarette de marque américaine peut même être appréciée.

En revanche, dans les villes la police urbaine dispose parfois de radars et les utilise.

 

Les taxis :

 

Il existe dans toutes les villes d'une certaine importance des flottes de petits taxis. C'est un moyen de transport pratique et peu onéreux qui vous permet de ne pas être tributaire de votre voiture. Vous pouvez entrer par une porte de la médina, vous promener à l'aventure, ressortir par une autre porte et emprunter un petit taxi pour vous retrouver à votre point de départ ou à l'endroit que vous voulez rejoindre. Ne vous en privez pas, surtout à Marrakech qui est immense ou à Fès oû les rues sont en pente. Les voitures sont munies d'un compteur. Vous pouvez parfaitement demander au chauffeur de le mettre en marche. Pour des déplacements plus importants, il est toujours possible d'utiliser les grands taxis. Ce sont en général d'antiques Mercedes qui ne démarreront que lorsqu'elles seront pleines. Discutez le prix avant la course car il n'y a pas de compteur.

Les petits (taxis) verts que l'on rencontre à Marrakech ne sont pas chers, aéroport le jour soit 10 km. Mais la nuit ils demandent souvent 100DH. En marchandant un peu on descend à 50DH. Les grands taxis Mercedes 2400D ou 2500 D bleus au Nord du pays, jaunes à Marrakech ont des zones de départs déterminées. Il n'est pas possible de marchander car un chef coordonne leur départ et leur arrivée. Ils vont d'une station à l'autre en général toujours entre villes importantes. Leur départ ne se fait que quand ils sont pleins soit 6 passagers et cela peut prendre désheures comme 5 minutes. Le confort est assez bon. Choisissez une place à l'arrière car à l'avant, assis sur le levier de vitesse et le dos dans l'angle du dossier, c'est très inconfortable. Si vous êtes entre deux stations de taxis faites du stop main levée, s'il y a de la place le taxi s'arrête et vous discutez le prix, pas cher en gentlemen. S'il est plein vous aurez droit à un signe de la main et un large sourire. Pas de soucis le prochain vous prendra.

 

Le grand sud en taxi brousse

 

Ce sont en général des petits utilitaires aménagés pour 10 a 12 places. Pour les trouver, il faut très bien chercher. Ils n'ont pas d'endroit précis de départ. Peu cher : 10 dhs Erfoud Merzouga par la piste.

Bien sur vous profiterez de la découverte de tous les villages rencontrés car ils font surtout la livraison de tout ce qui peut être utile. J'ai eu droit au réfrigérateur sur le toit et à des dizaines de petits paquets d'oranges et autres légumes. Il faut donc prévoir beaucoup de temps environ 2h pour 50 Kms. Mais c'est du plaisir.

 

Le bus :

 

La Compagnie des Transports Marocains (CTM) propose des bus haut de gamme au départ de Marrakech et de toutes les grandes villes (125DH Marrakech - Ouarzazate en 4 heures environ) Il suffit de se rendre à la gare routière. Je préfère utiliser les plus anciens, au même prix mais plus couleur locale. Attention car rodent autour des jeunes gens qui ne se gênent pas de vous encaisser le prix de la course et de disparaître aussitôt. Sans ticket vous allez devoir repayer dans le bus sauf si vous avez de la chance. J'ai réussi à convaincre l'agent encaisseur que j'avais déjà payé à un jeune qui me paraissait accrédité. Il a bien voulu me croire. Merci encore. Il vous faudra acquitter 5DH par bagages à une autre personne qui ne fait que le rangement. Un peu compliqué ? Non plutôt charmant. Ces bus ne desservent pas tout le pays, renseignez-vous auprès des offices de tourisme.

 

L'heure de la prière et les transports :

 

Particulièrement dans le sud, tout s'arrête au moment de la prière pour environ une heure. Prenez patience restez à l'ombre et vous verrez le trafic reprendre rapidement. C'est le moment le plus calme de la journée profitez-en, car tous les Marocains ne sont pas à la mosquée et vous aurez le loisir de faire des rencontres souvent surprenantes.

 

S'habiller :

 

Le Maroc étant un pays chaud du moins d'avril à octobre il convient de prévoir de se vêtir en conséquence. La meilleure solution est d'opter pour des vêtements légers et amples en fibre naturelle.

Pensez aussi que vous serez obligés de les laver, et de les remettre sans les repasser. Évitez  absolument bob Ricard, tee-shirt Kronenbourg au ras du nombril, short en satin, nu-pieds avec chaussettes... Le look baroudeur du désert a aussi ses adeptes mais si vous en êtes n'en faites pas trop : vous ne vous engagez pas dans la Légion et vous n'êtes pas Harrison Ford. Pour les hommes choisissez donc des tee-shirts, des bermudas et des pantalons en coton. Les filles la même chose, mais si vous voulez préserver votre féminité vous pouvez porter des jupes longues ou des paréos en guise de jupe. Le principal est de ne pas heurter les sensibilités locales. C9vitez tout ce qui est provocant, moulant, trop décolleté, trop court etc. Soyez encore plus rigoureux pendant la période du ramadan. Si vous êtes sensible au soleil, emportez un chapeau, appréciable l'été dans le sud. Vous pourrez aussi l'acheter sur place.

Vous pouvez également utiliser les vêtements traditionnels mais là aussi de la modération. Ne tombez pas dans le syndrome Dupont/Dupond. Rien de plus ridicule que le touriste déguisé en autochtone. Il convient d'éviter à tout prix la caricature et de rester sobre. Si vous vous décidez, achetez des vêtements authentiques. Acceptable et utile le sarouel blanc ou noir, ce pantalon très large resserré au mollet et dont le fond pend au-dessus des genoux. Assez élégant malgré la description et très confortable en été. Au Maroc on l'appelle pantalon climatisé. Le chèche aussi peut être utile.

Demandez le long, au moins trois mètres pour pouvoir le nouer autour de la tête et uni blanc ou noir.

Ceux que vous trouvez partout font à peine deux mètres, et sont multicolores. Inutilisables autrement qu'en cache-col.

Le chèche peut servir à tout, un peu comme le couteau suisse. A se protéger du soleil, à se protéger des mouches qui, lorsque vous dormez à la belle étoile, commencent dès le lever du jour à se promener sur votre visage, à essuyer les verres avant de boire le thé... On peut même l'utiliser comme lunettes de soleil, on voit à travers le tissage, ou pour ne pas mourir asphyxié lors d'une tempête de sable (assez rare tout de même). Il peut aussi servir tout simplement à faire joli autour de votre cou.

Pour les chaussures, certains ne jurent que par les pataugas ou par les tennis en cuir qui peuvent résister à l'eau et au sable sans avoir besoin de la vider tous les trois pas à porter pieds nus. Confort assuré pendant la canicule et on règle par le même coup le délicat problème de la chaussette : on en met, on n'en met pas, hautes, basses, en nylon, en coton, mélangées ? Soyez modeste dans le nombre des tenues. La majeure partie du temps vous les porterez sur votre dos lors des harassantes marches d'approche pour atteindre votre hôtel au cœur de la médina. Car bien sur plutôt que la valise prévoyez un sac à dos assez grand pour les bagages plus un petit pour les promenades. Deux bermudas, un ou deux pantalons, quatre à cinq tee-shirts, un pull-over en coton (en laine si vous êtes très frileux), le linge de corps nécessaire pour quatre jours, c'est bien suffisant.

Evidemment si vous envisagez des excursions particulières, genre trekking ou longue marche dans la nature emportez le matériel adéquat.

 

S'habiller l'hiver :

 

Janvier: Marrakech sous la pluie pendant une journée entière c'est quand même un grand souvenir, Les marrakchis sous leurs djellabas de caoutchouc riaient de toutes leurs dents et, comme chez nous les enfants jouaient dans les flaques. L'eau dévalait en torrent les ruelles de la médina, rebondissant sur les bâches tirées à la hâte au-dessus des étals. Contrairement à chez nous tout le monde se félicitait de ce cadeau du ciel si important pour tout le reste de l'année. Un cycliste la tête entièrement couverte d'une poche de plastique transparente, tel un poisson dans un bocal, zigzaguait dans le souk. A Marrakech, la température est relativement basse au mois de janvier et les hôtels ne sont pas chauffés. Prévoyez donc de vous vêtir en conséquence. Un sweat-shirt ne sera pas de trop pour la nuit malgré les couvertures. Prenez avec vous de bonnes chaussures et de vêtements chauds. Un pull, une fourrure polaire, un blouson coupe-vent. Si vous êtes en avion privilégiez le chaud, l'étanche et le léger.

 

Spécial Filles seules (mais ça peut servir aussi aux autres) :

 

De nombreuses filles me contactent par l'intermédiaire du site pour me demander des conseils sur les dangers courus lorsqu'elles voyagent seules au Maroc. Les conseils que je me résous à vous donner ont donc une portée générale. Evidemment l'attitude des gens ne sera pas la même dans une grande ville et dans le petit hameau atteint après quatre heures de piste cahotante dans un camion de marchandises.

En général du bon sens, de la confiance en soi, de l'ouverture d'esprit vous permettront de résoudre tous les problèmes. Les dangers même s'ils ne sont pas bien grands ne sont pas entièrement imaginaires comme toujours pour une fille seule. Il convient en effet d'être prudente, mais comme lorsque l'on se promène dans une de nos villes ou dans notre campagne. Lors de multiples séjours au Maroc, je ne me suis jamais senti en danger oû que ce soit. Vous me direz mais vous n'êtes pas une fille et votre magnifique barbe d'aventurier du désert vous met à l'abri de bien des périls.

Quels sont donc les conseils que vous pouvez suivre pour éviter les désagréments ?

Ne faites jamais à l'étranger ce que vous ne feriez à aucun prix en Europe. C'est l'attitude de base à adopter en priorité. L'hospitalité et la gentillesse naturelle des habitants, l'aisance qui viendra au fil des jours, votre compréhension accrue de la culture locale vous conduiront bientôt sous certaines conditions à outrepasser ce principe. Comme toutes les règles, elle est faite pour être détournée mais uniquement à bon escient.

Au Maroc, dans les souks vous allez être immergée dans la foule. Ne vous sentez pas agressée. Ne soyez pas effrayée. La notion de l'espace vital ou de la distance physique à respecter par rapport à l'autre est différente dans la culture du Maghreb et dans la notre. Mais pour nous qui sommes latins, cette distance n'est pas la même que celle en vigueur dans les cultures anglo-saxonnes Tout ça pour dire que les gens vont s'approcher souvent très près de vous mais que c'est une dimension culturelle à intégrer et que ça n'a pas a priori d'objectif particulier.

Souvent les gens vous abordent vraiment sans arrière pensée parce qu'ils souhaitent sincèrement un contact amical. Adoptez une attitude naturelle et détendue. Répondez aux questions gentiment, mais ne donnez pas plus de renseignements que nécessaires à une relation normale sur l'instant. Ne donnez pas forcément l'adresse de votre hôtel, votre adresse dans votre pays ou des informations trop personnelles. Vous pourrez le faire mais uniquement lorsque vous aurez noué une relation amicale authentique.

En cas de conflit ou de problème n'entrez pas dans la relation qui vous est proposée mais essayez d'offrir un autre mode d'échange. Gardez votre calme, soyez ferme, utilisez l'humour quand vous le pouvez, c'est une bonne attitude qui vous permettra souvent de régler les situations auxquelles vous serez immanquablement confrontée un jour ou l'autre : marchandage acharné, discussion sur un prix de taxi, conflit dans une boutique etc.

Evitez tout vêtement et toute tenue équivoque. Le Maroc est un pays musulman et la pudeur y est différente de la notre, surtout pour les filles. Pensez-y chaque fois que vous aurez envie d'un bain de soleil, de vous baigner dans la mer ou dans une rivière. Si vous allez à la campagne vous pourrez parfois cependant apercevoir des enfants et même des adolescents se baigner nus dans les cours d'eau. Mais uniquement des garçons et je ne vous conseille pas de les imiter. Ceci dit les villageois ont de plus en plus l'habitude de voir des jeunes filles immigrées de retour dans leurs familles se baigner en maillot de bain et hormis peut être dans les contrées les plus reculée cela n'occasionne pas d'émois particuliers.

Préférez cependant les maillots de bains "sages" et évitez même sur les plages de l'atlantique ou de la méditerranée les tenus dénudées (topless comme disent nos amis anglais).

Evitez toute attitude de séduction ou qui pourrait être interprétée comme telle. Si vous ne recherchez pas "le contact" pensez qu'un comportement qui vous paraît anodin peut être chargé de sous-entendus différents pour votre interlocuteur. Pour les jeunes marocains, les européennes jouissent d'une réputation de liberté sexuelle qui les attire dans ce pays ou la fréquentation des jeunes filles est impossible en dehors de fiançailles sérieuses et du mariage. Pensez que la société marocaine est une société où l'on vit constamment sous le regard de l'autre (le voisinage, la famille) et où la religion et la moralité sont affaire publique et ne concernent pas comme chez nous uniquement la sphère privée. C'est ce qui explique que les jeunes gens se tournent vers les touristes notamment dans les grandes villes comme Marrakech.

Adoptez donc une attitude ouverte et directe et n'hésitez pas à poser carrément le problème si vous ressentez une ambiguïté. Expliquez franchement votre attitude. Contrairement à ce que disent certains guides (Le routard en particulier), vous pouvez parler avec tout le monde. Si vous êtes venue jusque la ce n'est pas pour vous enfermer dans votre hôtel mais pour découvrir d'autres modes de vie. Ceci posé, et d'une façon générale vous avez parfaitement le droit de dire ce que vous voulez et ce que vous ne voulez pas : si vous ne voulez pas de guide pour visiter la médina dites le fermement mais gentiment sans agressivité. Vous avez le droit d'avoir envie par moment de rester seule, de vous reposer, de lire à une terrasse, de prendre un thé tranquillement. C'est vrai cependant que les femmes seules ne fréquentent pas trop les lieux publics comme les cafés donc vous serez sûrement l'objet de la curiosité des autres consommateurs.

Soyez prudente. Aussi prudente qu'en Belgique avant d'accepter une invitation par exemple.

Question de feeling, question de bon sens. Il y a quand même parfois des risques et les ignorer serait une erreur. Mais la culture musulmane prône la générosité envers le voyageur ce qui explique qu'en règle générale vous serez bien reçue.

Voici quelques éléments qui vous éviteront peut-être certaines erreurs trop grossières et qui vous permettront lors de votre premier séjour de trouver plus rapidement vos repères. Mais de toute façon c'est à vous de faire votre propre expérience qui sera forcément fonction de votre personnalité. La première personne que vous rencontrerez en voyage c'est vous et c'est surtout de vous que dépendra la réussite de votre exploration de ce monde nouveau.

 

Parler:

 

Tout le monde vous adressera la parole et vous pouvez parfaitement répondre en dépit de ce qui est indiqué dans certains guides. Au contraire. De nombreux marocains parlent français du moins dans les villes et dans beaucoup de villages, sauf les femmes dans les montagnes qui ne parlent que le berbère. Vous pouvez cependant apprendre quelques mots d'arabe voire de berbère et en user avec modération. Évitez le cliché du touriste qui répète à tort et à travers le seul mot qu'il connaît à la manière d'un perroquet. En revanche si les gens sentent que votre intérêt pour leur langue et leur culture est sincère ils en seront touchés.

Sans vouloir faire un dictionnaire, je ne résiste pas au plaisir de vous communiquer les expressions que vous pouvez connaître pour au moins répondre aux salutations :

Bonjour Salam Allekoum ou Salam (à rapprocher de l'hébreu Shalom)

Bonjour (en réponse) Allekoum Salam

Ça va ? Labes interrogatif et affirmatif en réponse ça va ? ça va ! Labes ? Labes ! En général ces échanges de Labes se font plusieurs fois de suite à voix assez forte

Au revoir Slama

Merci Choukran(e) Le plus souvent en marocain la réponse à Choukran est La, choukran alawajib ce qui peut se traduire par : Pas de merci pour ce qui est un dû. Plus simplement : De rien (Afouan en arabe standard)

Oui : Naham

Non : La

Grâce à Dieu : Bismila se dit avant de manger ou de boire

Vous serez étonné de constater le nombre de mots et même d'expressions françaises qui sont issues de l'arabe : les plus connues, dont certaines passées telles quelles dans le français familier voire l'argot, vraisemblablement par le biais des militaires sont le témoin d'un passé colonial pas si lointain.

Baraka : Chance (Baraka veut aussi dire : Assez, ça suffit)

Bézef : Beaucoup

Caoua : Café

Chouia : Un peu

Clebs : Chien

Sarouel : Pantalon

Toubib : Docteur

Et d'autres beaucoup plus châtiées en français soutenu :

Algèbre Chiffre de Séfra zéro

Divan

Magasin

Parmi les formules et les diverses maximes ou sentences qu'il m'a été données d'entendre ici ou là il en est une qu'il convient de méditer et de garder à l'esprit et pas seulement au Maroc :

Bienvenue, vous êtes ici chez vous, mais n'oubliez pas que c'est aussi chez nous.

Le change

La meilleure solution et la plus simple est l'utilisation d'une carte de crédit internationale. Vérifiez cependant avant le départ que le montant de débit en liquide autorisé par votre banque est suffisant pour parer à tous les impondérables. On trouve des distributeurs de billets qui fonctionnent dans les principales grandes villes et l'on peut changer au guichet dans nombre de banques. Si l'on est seul, n'avoir que ce moyen de paiement peut poser des problèmes si vous vous faites retenir la carte dans un distributeur. Si vous êtes deux, ayez deux cartes. Sinon, emportez des devises (mais il faut les surveiller) ou des chèques de voyage que l'on peut changer dans les banques ou dans les grands hôtels (même si l'on n'y dort pas). De plus en plus de stations services sur les grands axes et à proximité des grandes villes acceptent le paiement par carte. Les boutiques aussi se mettent à accepter "l'argent en plastique". Dans ce cas elles appliquent souvent une majoration de 6% pour couvrir les frais bancaires (ce qui n'est en général pas le cas des stations services). Quoiqu'il en soit tous les retraits de liquide seront assortis d'une commission qui vous sera retiré sur votre compte.

Lors de l'utilisation d'une carte Visa la prudence s'impose toutefois. Tenez scrupuleusement à jour l'état des retraits sur un carnet par exemple, avec la date et le lieu oû vous les effectuez. Gardez aussi précieusement et classez l'ensemble des preuves de retrait : facturettes, tickets, informations sur le lieu de l'opération. Cette précaution si elle peut sembler fastidieuse, vous sera sûrement utile dans le cas de contestation ultérieure. Gardez tous ces éléments quelques temps après votre retour car il m'est arrivé de devoir contester un retrait présenté par erreur une deuxième fois plus de deux mois après mon retour.

 

Marchander:

 

Au Maroc, l'un des problèmes auquel on se trouve confronté lorsque l'on arrive de notre civilisation occidentale, c'est le problème de la tarification des services. Pour éviter tout problème et dans la mesure du possible il convient de discuter du prix des choses ou des services avant de les utiliser ou de les consommer. En effet, traditionnellement les prix ne sont pas affichés dans les boutiques. Il convient donc de marchander.

Tout peut se marchander, y compris une chambre d'hôtel. Gardez cependant à l'esprit que 10dirhams vaut un peu moins qu' 1 euros et que le niveau de vie est très bas pour la majorité des habitants. Est-il bien utile de marchander des heures pour économiser 5 dirhams? C'est un problème de sensibilité et de délicatesse. Le mieux cependant est de garder à l'esprit le prix de certains articles et de se constituer par l'expérience une échelle de valeur logique. A priori il n'est pas nécessaire de marchander les produits de consommation courante. En revanche, le marchandage est incontournable pour tout achat de quelque valeur dans un souk. Ce peut être même faire preuve de considération que de marchander dans les règles de l'art et avec finesse.

Dans tous les cas ne commencez à marchander que si vous avez réellement l'intention d'acheter.

Les quelques trucs suivants pourront vous éviter quelques contrariétés :

Toujours prendre les problèmes avec humour. Ils ne sont jamais bien graves.

Montrer toutefois que l'on n'est pas dupe

Se mettre dans la position normale du client qui achète quelque chose au juste prix.

Ne pas se laisser culpabiliser. Le nouvel argument que vous entendrez peut-être si vous discutez un prix qui vous paraît trop élevé c'est "Bon puisque c'est comme ça, c'est gratuit pour toi.". La réponse appropriée que vous pouvez faire c'est que vous achetez quelque chose, que cette chose a un prix et que ce prix doit être normal pour vous et pour le vendeur et qu'en aucune façon vous ne voulez le spolier ou l'étrangler mais que vous ne souhaitez pas vous laisser spolier non plus.

Le plus souvent le différend se soldera par une plaisanterie et parfois un verre de thé. Vous entendrez certainement au hasard des souks "C'est gratuit... mais gratuit jusqu'à la caisse". On vous proposera aussi sûrement le fameux crédit berbère : "la moitié maintenant et le reste tout de suite".

A Marrakech, après de longues négociations infructueuses pour faire encore baisser le prix d'un article repéré moins cher quelques jours plus tôt, alors que nous buvions le thé accroupis dans la boutique, le marchand, avant de partir pour la mosquée, conclut avec malice :

01 Vous avez appris aujourd'hui une bonne leçon. Quand on veut quelque chose, il faut l'acheter tout de suite car on ne sait pas de quoi demain sera fait.

Nous avons acheté l'objet au prix demandé et nous nous sommes quittés les meilleurs amis du monde en promettant de nous revoir au prochain voyage.

 

Se nourrir, boire:

 

En voiture n'hésitez pas à vous arrêter au bord de la route dans les petits restaurants. Ils sont faciles à repérer car à l'heure du repas une foule de bus, de camions et de véhicules de toutes sortes sont garés devant eux. Vous verrez la fumée du foyer où grille le mouton. Deux solutions soit acheter chez le boucher tout proche des morceaux que le patron vous fera cuire, soit commander un tajine, ce ragoût traditionnel qui mijote sur un feu de bois dans son plat de terre cuite recouvert d'une cloche conique. Les meilleurs que nous avons mangés, nous les avons trouvés dans de minuscules restaurants au bord de ces routes. Dans les villes, ils sont parfois cuits dans des grandes marmites métalliques et présentés au dernier moment dans les plats à tajines. Au niveau du goût c'est toute la différence.

La seule précaution à prendre est encore une fois de négocier le prix à l'avance. Pour boire vous avez le choix entre deux eaux minérales que l'on trouve partout au Maroc la Sidi Ali et la Sidi Harrazem. Bien sur les boissons gazeuses sont omniprésentes et l'on trouve du Coca-Cola et du Fanta dans le moindre petit village. Vous pouvez aussi prévoir une gourde si vous n'êtes pas affolé à l'idée de consommer l'eau du robinet ou celle des puits. Dans le premier cas, dans les villes, l'eau est traitée et je l'ai fait sans problèmes. A la campagne ou dans les petits villages méfiance. Traitez l'eau avec des pilules spéciales que vous aurez achetées en Belgique. Suivez le mode d'emploi avant de consommer. Nous l'avons bue là aussi sans dommages. Dans le sud, pour conserver l'eau à une température acceptable, enveloppez la gourde ou les récipients dans un linge que vous maintenez continuellement humide. L'évaporation se charge du reste et vous pourrez boire frais (relativement). La boisson traditionnelle reste cependant l'incontournable "thé à la menthe" que l'on vous servira partout dans les cafés comme dans toutes les maisons. Si vous êtes plusieurs préférez la théière au thé servi au verre : c'est plus économique.

 

Les invitations:

 

Il vous arrivera certainement si vous avez des contacts avec les habitants d'être invité dans les familles. Parfois, ces invitations ne cachent qu'une tentative de vous soutirer quelques dirhams. Le plus souvent ce sont des invitations sincères qui sont le reflet du sens de l'hospitalité des marocains.

Elles peuvent se traduire par un simple verre de thé ou bien par un véritable repas, voire une invitation à dormir ou à rester quelques jours dans la famille. C'est déroutant les premières fois que l'on s'y trouve confronté. Comme à chaque fois c'est une question d'appréciation et c'est à vous de voir en fonction de la situation. Comme souvent en voyage c'est surtout une affaire de bons sens. N'oubliez pas cependant le niveau de vie relatif des uns et des autres et même si vous voyagez à l'économie ne vous incrustez pas plusieurs jours. Si cela vous semble possible compte tenu de la relation que vous avez nouée payez votre écot. Il semble raisonnable de pourvoir à l'acquisition des denrées alimentaires avec le maître de maison. Mais agissez avec tact.

 

Les tapis au Maroc:

 

Il est difficile et quasi-impossible, lorsque l'on circule au Maroc, de ne pas croiser le chemin d'un tapis proposé à la vente ; que ce soit dans les souks ou dans les boutiques des itinéraires touristiques, dans les villes ou sur les routes.

En règle générale, l'offre est constituée de tapis d'artisanat, produits à profusion, et selon les goûts détectés auprès des touristes passés.

Ces tapis ont pour origine soit de grands ateliers installés plutôt dans le Nord du pays, soit des productions de coopératives implantées dans les principales régions depuis toujours productrices de tapis : Rabat, Fès, le Moyen Atlas, le Djebel Siroua (au sud), la plaine de Marrakech. Les productions sont faites essentiellement à base de laines filées mécaniquement, teintes industriellement, et pour leurs dessins s'inspirant plus ou moins des traditions anciennes ; si ce n'est pour quelques productions, de types récents et créées pour le tourisme (kilims de Oued Zem et Khemisset, kilims (akhnif) de Tazenakht).

Hors ces tapis d'artisanat, il est parfois possible de découvrir quelques belles pièces anciennes, d'origine purement domestique, parfaitement authentiques et âgées en moyenne d'une cinquantaine d'années ; affichant des états variables, elles ont été tissées avec des laines filées main  si ces tapis se situent dans une tradition, ils peuvent toutefois être très libres dans leur composition. Chacun est une pièce unique.

 

Choisir un tapis:

 

Quel que soit le goût de chacun, le choix d'un tapis doit avant tout se faire de façon instinctive, en s'assurant que l'on est bien (seul ou à deux, au plus) avec lui car il est destiné à partager la vie de l'intérieur où il sera installé en y étant très présent. Il peut être nécessaire à cet égard de demander à le voir en lumière naturelle, et pas forcément en plein soleil.

Ce critère essentiel rempli, les questions de taille, de cohérence de couleur sont également à considérer pour, de retour, ne pas avoir à plier et ranger un tapis qui ne rentre pas à la place qu'on lui a destinée ou ne s'accorde pas avec son cadre.

L'état du tapis est aussi à considérer ; s'il est d'artisanat, il sera le plus souvent neuf et la question ne se posera pas. Si le tapis est une production domestique et/ou ancien, il faut s'attarder sur la présence éventuelle de trous (souvent réparables mais à faire réparer sur place, ce qui n'est pas toujours possible), sur l'état des lisières et des franges par où ils peuvent commencer à se déliter, sur l'existence de tâches qui peuvent ne jamais partir si elles ont traversé le tapis.

Enfin vient la question du prix. La culture commerciale marocaine veut que tout prix soit débattu, et de fait le prix annoncé en tiendra compte. Il revient donc à l'acheteur de le prendre en considération, sauf à payer le prix fort et ne pas recevoir l'estime de ses interlocuteurs.

Pour ce qui est du " bon prix ", il est ce que vous accepterez de payer, sachant qu'une fois la transaction faite, il sera " bon " si vous l'oubliez au regard du plaisir tiré de votre acquisition. Un bon " truc " est de se fixer mentalement le prix maximum que l'on accepte de payer au risque de ne pas faire l'achat considéré si le vendeur ne veut pas l'accepter.

 

Les Berbères:

 

Sont les populations originelles d'Afrique du nord. Ils ont leurs propres coutumes, musique et langues (tamazight, tarifit, kabyle, techelheit, etc.), dont il n'existe que peu d'écrits. Ces peuples vivent traditionnellement une vie agraire et nomade. Mais les berbères aiment vivre libres et en paix. Plutôt que société politique s'agit-il de société poétique. Ils aiment le verbe, la musique la danse et toutes les occasions sont bonnes pour exprimer la joie de vivre : rencontres, repas, thé, récoltes et travaux, mariages. RaEFs Mohand "Azorf" est un berbère chleuh habitant dans une campagne près d'Essaouira sur la côte atlantique du Maroc. "Azorf" dans le jargon de pêcheur veut dire : la brillance du plancton sur la mer, la nuit. Mohand est berger, cultivateur, pêcheur et musicien (raEFs). Il chante dans les fêtes et les mariages. Cette musique est basée sur une douzaine de rythmes établis et des gammes pentatoniques plus près de la musique chinoise qu'arabe. Musique essentiellement vocale, les instruments s'y sont rajoutés progressivement. Allez les découvrir et surtout écoutez-les, regardez-les... et pensez.

 

Ce texte est de Dick Annegarn, chanteur belge, qui a vécu à Essaouira dans les années 90 -le site de Dick : http://annegarn.free.fr/